VIVIANE LAMBERT
BERTRAND GUAY / AFP

En autorisant « l’arrêt des soins » de Vincent Lambert, le Conseil d’État considère que l’alimentation d’une personne handicapée peut relever d’une forme d’acharnement thérapeutique.

Dans le coma depuis vingt-sept ans à la suite d’un terrible accident de voiture, Munira Abdulla, une habitante des Émirats arabes unis, vient de se réveiller et de prononcer le prénom de son fils. Celle qui était dans un état végétatif a retrouvé subitement des capacités de communication. Ses proches, et en particulier son fils, font part de leur émotion. Ils avaient conservé, malgré ces nombreuses années, une espérance.

Faut-il rapporter cette histoire ? Au risque d’entretenir de trop improbables espoirs chez les proches des nombreuses personnes qui se trouvent dans la même situation de coma prolongé ? L’annonce de cet inattendu et sidérant réveil a été presque concomitante de la décision du Conseil d’État pour Vincent Lambert. Impossible de ne pas faire un parallèle entre ces deux drames et de ne pas s’interroger : serait-il possible que Vincent Lambert puisse un jour se réveiller ?

Vincent Lambert n’est pas en fin de vie

Le Conseil d’État a confirmé le 24 avril l’arrêt du 31 janvier du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. L’interruption d’alimentation et d’hydratation de Vincent Lambert est légale. Rappelons que Vincent Lambert n’est pas en fin de vie : il n’est pas du tout mourant, bien au contraire, il peut vivre des années. Rappelons aussi qu’alimenter une personne handicapée ne peut être considéré comme une forme d’acharnement thérapeutique. C’est « prendre soin ». Tout simplement.

On perçoit ici la violence de cette exigence émanant de quelques proches de Vincent Lambert que soit mis fin à sa vie par l’arrêt de l’alimentation. L’intention euthanasique ne fait pas de doute. Et l’acte politique impactera les nombreuses personnes qui sont dans la situation de Vincent Lambert. Et, plus largement, déconsidérera notre tradition soignante qui est de prendre soin des plus fragiles.

Droit d’euthanasie

Pour Me Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert, interviewé dans Famille chrétienne, « c’est un droit d’euthanasie que le Conseil d’État vient de valider ». Les avocats viennent de déposer deux recours : devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui vient de rejeter ce 30 avril leur requête, et devant le Comité international de protection des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’ONU.

Source Aleteia