Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, il y a 30 ans, le « mur de la honte » érigé en 1961 s’écroule. L’édifice qui divise la ville est ouvert par les Est-Berlinois, en une marée euphorique qui prend de court les dirigeants des deux Allemagne. Pourtant la première brèche dans le « rideau de fer » a été lancée onze ans avant sa chute. Pour les historiens, pas de doute : sans Jean Paul II, le Mur de Berlin serait peut-être encore debout… Décryptage.

Ce samedi 9 novembre, l’Allemagne commémore le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Des images de fête et d’euphorie de l’évènement sont restées gravées dans les mémoires, tout comme la sidération ressentie dans le monde entier face à l’effondrement si rapide et spectaculaire du bloc communiste. Mais l’Histoire aurait sans doute été différente, si le prélat succédant à Jean-Paul Ier n’avait pas été originaire de Pologne, un pays d’Europe de l’Est où le communisme régnait alors en maître absolu.

Pour Bernard Lecomte, son biographe, auteur d’un ouvrage Le pape qui a vaincu le communisme, Jean Paul II tient d’emblée et dès son premier jour de pontificat un discours bien étrange pour l’époque. « Venu de l’Est, il dit, lui, que le communisme n’est qu’une parenthèse de l’Histoire, et qu’il importe de ne pas se laisser entraîner par sa logique, sauf à être bientôt dominé par les régimes qui s’en prévalent », explique-t-il à Aleteia. « Il fallait à la fois un pasteur, un intellectuel et un militant, aussi fin connaisseur de la théorie marxiste que de la réalité communiste, pour peser avec autant de force, en toute conscience, sur le cours de l’affrontement Est-Ouest. » Même si Jean Paul II avait moins de prise directe sur l’Allemagne de l’Est proprement dite, il est un acteur central de cet effondrement du communisme. Il est l’auteur des plus grands coups de boutoir portés contre ce régime pendant toute la décennie qui précède la chute du Mur. Avec une influence spirituelle et politique au niveau planétaire sur son temps sans précédent, ses voyages en Pologne et ses discours prophétiques tout le long des années 1980, ce pape hors norme ouvre une brèche dans le rideau de fer. Il redonne des forces à la dissidence.
 
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