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C’est un combat au long cours que mène contre l’euthanasie l’Association Médicale Mondiale (AMM). Elle a été fondée à Paris, en 1947, avec pour objectif d’assurer l’indépendance des médecins et garantir les plus hautes normes possibles en matière d’éthique et de soins – des mesures particulièrement importantes à l’issue de la Seconde guerre mondiale. L’AMM regroupe aujourd’hui 113 pays à travers leurs organisations nationales de médecine. Elle est devenue la plus grande association médicale du monde.

Lors de sa 70e Assemblée générale qui se tenait cette année à Tbilissi, en Géorgie, fin octobre, l’AMM a réitéré son opposition à l’euthanasie et au suicide assisté. Ces pratiques violent « les principes d’éthique médicale » affirme la déclaration qu’elle a publiée le 28 octobre 2019 (en lien ci-dessous). Pour le Dr Frank Ulrich Montgomery, Président de l'AMM : « Ayant tenu des conférences consultatives impliquant tous les continents du monde, nous pensons que cette formulation révisée est en accord avec les points de vue de la plupart des médecins du monde ».

En effet, ce texte confirme et précise de précédentes résolutions de l’AMM. Grâce à l’expérience et à la réflexion de médecins du monde entier et de ceux qui les assistent auprès des personnes en fin de vie, et tenant compte de l’évolution des législations, l’AMM définit plus clairement son opposition à l’euthanasie et au suicide assisté. Pour les médecins qu’elle regroupe, fidèles au serment d’Hippocrate, la mission première des professionnels de santé est de respecter la vie humaine.

Dans cette nouvelle déclaration, l’AMM reconnaît la légitimité de l’objection de conscience des médecins qui refusent de pratiquer des actes d’euthanasie et de suicide assisté dans les pays qui ont légalisé ces pratiques. Pour l’AMM, « aucun médecin ne devrait être forcé de participer à une euthanasie ou à un suicide assisté, ni à prendre des décisions de renvoi à cette fin ». Cette déclaration prend tout son poids, à l'heure où la liberté de conscience des médecins est menacée dans plusieurs pays, comme en Belgique : la commission parlementaire belge de la santé a récemment voté en première lecture un amendement pour contraindre le médecin objecteur de conscience à participer activement à la recherche d'un autre médecin qui pratiquerait l’euthanasie, et à lui transmettre le dossier médical du patient.

L’AMM n’en est pas moins opposée à l’acharnement thérapeutique. Elle précise dans cette déclaration que « le médecin qui respecte le droit fondamental du patient à décliner un traitement médical, n’agit pas de façon non éthique en renonçant ou en suspendant des soins non voulus par le patient », même si cela entraîne sa mort. Ethiquement, cette abstention respectant la volonté du malade ne saurait être assimilée à la mort provoquée par le médecin ou avec son aide.

Les Pays-Bas et le Canada, deux pays « en pointe » dans la légalisation et la pratique de l’euthanasie, avaient tenté de s’opposer à cette déclaration par un lobbying intense. Ils faisaient notamment pression pour que la qualification de « suicide assisté » soit remplacée par le terme édulcoré « d'aide médicale à mourir » en vigueur chez eux. Ayant échoué, ils ont décidé de quitter l’AMM.

Philippe Oswald

Source La Sélection du Jour de l'association Marie de Nazareth