Quand les gestionnaires définissent un Plan, avec ses statistiques et ses procédures, sa mise en œuvre finit parfois par vouloir se confondre avec la réalité. Dans les difficultés, il est plus sage de compter sur la vertu de prudence que sur la toute-puissance de la gestion pour vaincre l’adversité.

La crise sanitaire est un révélateur parfois embarrassant des ressorts de la société dont elle amplifie jusqu’à la caricature les mouvements et les comportements typiques. Par exemple elle a donné une dimension planétaire à un phénomène couramment observé dans les entreprises : l’emballement gestionnaire.

L’emballement gestionnaire naît du désir de maîtriser parfaitement une situation jugée problématique – qu’il s’agisse du déploiement d’un nouveau projet, d’une nouvelle manière de travailler, d’une réforme de l’organisation ou de son marché. Pour contrôler le processus, des gestionnaires définissent un Plan. Ils développent des indicateurs et des instruments qui précisent des objectifs et les étapes de leurs réalisations. Le Plan est un modèle surréel, une carte qui aide à percevoir la réalité, ses risques et ses impératifs. Rien de déraisonnable au contraire.

 

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